Et me voici de retour avec l’interview d’une nouvelle autrice : Manon Viet. Jeune auteure auto-éditée, elle a réalisé elle même la couverture de son premier roman coécrit avec Emma Dos Santos. Et vous allez pouvoir le constater, c’est une très bonne couverture : respect du genre, audace, bonne composition graphique ! Let’s go !

Présentation et écriture

1) Avant de commencer, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Manon Viet, j’ai 29 ans, je vis dans le Var, en région PACA.  Je suis plutôt créative : écrire est bien sûr le centre de ma vie, mais j’aime bien jouer avec Photoshop, tricoter, et avant je dessinais beaucoup. En dehors de ça et plus globalement du domaine de l’écriture, je suis professeur de yoga.

2) Combien de livres as-tu auto-publié et dans quel(s) genre(s) ?

Avant d’écrire, j’ai beaucoup lu, principalement des livres en tout genre pour le lectorat Young Adult, même encore aujourd’hui malgré mon âge. Au fur et à mesure, j’ai eu l’envie de mettre sur papier les petites histoires que je me créais. Je me suis donc lancée lors du NaNoWriMo de 2013 sans rien planifier.
Écrire (de la fiction) n’est pas mon métier à plein temps, même si j’aimerai beaucoup. Ça me prend en revanche pas mal de temps : malgré une petite pause de 7 ans au milieu, j’ai six histoires clôturées dont « De l’espoir pour Noël » qui a été co-écrit avec Emma Dos Santos, et deux autres histoires sont en cours d’écriture (dont la suite de « De l’espoir pour Noël »). 
Mais en réalité, je n’arrête pas d’écrire puisque je suis aussi rédactrice web le reste du temps.

3) Combien de livres as-tu auto-publié et dans quel(s) genre(s) ?

Je n’ai que co-publié un roman pour le moment, avec ma co-autrice. Il s’agit de « De l’espoir pour Noël« , une romance feel good de Noël, et premier tome d’une série de quatre.

4)Peux-tu nous partager ta routine d’écriture ?

Si je suis dans l’écriture d’une histoire et pas dans un entre-deux où j’attends de prendre un peu de recul sur une histoire avant de la relire / corriger / réécrire, il ne se passe pas un jour durant lequel je n’écris pas.
Je fonctionne à l’étincelle : dès que je l’ai, elle disparait vite alors je dois écrire tout de suite. Ça passe par une période de forte addiction, je ne pense qu’à ça. Du coup, dès que j’ai terminé mon travail de rédactrice ou mes cours de yoga, j’écris, même si ce ne sont que quelques mots. Je suis donc plutôt une écrivaine de soirée.

5) As-tu des conseils pour les auteurs qui souhaitent se lancer dans l’auto-édition professionnelle ?

Mon principal conseil est d’anticiper l’auto-publication, dans le sens où les exigences imposées par certaines plateformes de vente peuvent être assez lourdes et chronophages, que ce soit au niveau de la mise en page, de la couverture, etc. Et je ne parle même pas de marketing. 

Si on décide de se lancer sans professionnel à ses côtés, ça peut demander beaucoup de temps et d’énergie. Pour ma part, j’ai eu la chance d’avoir ma co-autrice, on a pu se partager les tâches, chercher chacune de notre côté. Mais une fois cela fait, c’est une aventure qui en vaut largement la peine.

6) Avais-tu une expérience en graphisme avant ta première couverture ? As-tu suivi une formation en graphisme ? Si oui laquelle et que t’a-t-elle appris ?

J’ai déjà fait du web design, mais plutôt en tant qu’amateur pour mes propres sites, ou pour des clients de mon conjoint. J’ai fait un peu de graphisme pour mon plaisir personnel, mais je n’ai jamais eu d’occasion de dépasser mes limites. Depuis la sortie de « De l’espoir pour Noël », je reprends un peu les choses en main parce que je sens que la passion revient en force, mais en autodidacte. C’est ce qui fonctionne le mieux pour moi : j’ai besoin d’être active et de chercher par moi-même pour bien apprendre et bien intégrer. Suivre une formation toute faite me rend trop passive.

Note d’Anaïs : Oui, le mieux est de pratiquer pour vraiment apprendre les logiciels et intégrer les règles de composition ! C’est là qu’on s’améliore plus vite 🙂

Couverture

7) Présente-nous ton livre !

 » De l’espoir pour Noël  » est le premier tome de la série Baldwin Girls écrit avec Emma Dos Santos et publié en novembre 2021. Il s’agit d’une romance feel good de Noël, mais le reste de la série ne se déroulera pas forcément à Noël. 

Voici son résumé :
Après la mort de Tom Baldwin, le mari d’Adelia et père d’Ollie, mère et fille tentent de se reconstruire à Chicago. Alors qu’Ollie se retrouve coincée à tutorer le garçon mystérieux du lycée et décide de percer à jour ses secrets, le cœur d’Adelia balance entre deux des clients de son café, que tout oppose.
Au fil du mois de décembre, les filles Baldwin découvrent que parfois, les apparences dissimulent des secrets inattendus et des blessures plus profondes.

8) Avec quels logiciels as-tu réalisé ta couverture et en combien de temps ?

J’ai uniquement utilisé Photoshop. Le plus long a été de trouver la photo que nous allions utiliser sur Unsplash. On y a passé trois à quatre heures, mais on ne trouvait rien qui faisait ressortir l’ambiance de l’histoire.

En prenant une pause, j’ai joué un peu avec la police et la couleur, et c’est là que les choses ont commencé à se débloquer. Sans la phase recherche, je pense avoir mis au total 1h30 pour concevoir la couverture entière. Avec les recherches, probablement autour de 7 heures.

Note d’Anaïs 2 : La phase de recherche est souvent la plus longue (enfin quand on ne s’amuse pas à faire des photomontages complexes, des intégrations réalistes ou encore de l’illustration) alors ne vous découragez pas et prenez le temps qu’il faut pour trouver la perle rare qui rendra votre couverture unique. Après faites comme Manon Viet et travailler directement votre maquette en créant différentes versions que vous pouvez comparer en direct sur votre logiciel.

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9) Comment as-tu trouvé l’inspiration pour ta couverture ?

Alors, disons qu’on savait plutôt toutes les deux ce qu’on ne voulait pas ! Pour le reste, on est parties de zéro, on s’est basées sur la façon dont on voyait l’histoire : quelque chose de léger, de clair, et de gourmand. Alors on a parcouru Unsplash à la recherche de photos qui nous parleraient. C’est en cherchant parmi les photos sur le thème de Noël qu’on a trouvé une photo prise par Lilartsy, qui est désormais notre couverture.

10) As-tu eu des difficultés particulières ?

Trouver la photo idéale était vraiment le plus compliqué. Elle n’est pas vraiment dans les codes de la romance de Noël : les couvertures de ce genre sont plutôt dessinées grossièrement. Personnellement, ça ne m’attire pas et Emma, ma co-autrice, était partante pour qu’on sorte de ces codes-là. Trouver la photo parfaite qui dégageait ce qu’on voulait montrer, tout en ayant des couleurs tendres, un peu pastel, et qui laissait de la place pour écrire le titre, c’était vraiment le plus casse-tête.

Note d’Anaïs 3 : Bien d’accord, il ne faut pas hésiter à sortir des tendances de son genre pour se différencier et respecter l’essence de son histoire. Bien sûr, il faudra respecter certains codes pour pouvoir cibler le genre au premier coup d’œil (par exemple le code couleur comme vous avez fait !)

12) Qu’ont pensé tes lecteurs de ta couverture ?

Nous avons eu que des retours positifs et des compliments sur son esthétisme ! Ça fait plaisir ! Certains ont souligné qu’elle était douce, mais on n’y est pour rien là dedans.

13) Quelles leçons as-tu tiré de ta première couverture ?

Ce n’est pas une réellement une leçon, mais ça m’a permis de me challenger un peu, de me pousser à m’intéresser à des outils et des techniques que je ne connaissais pas. Et puis, comme ça m’a beaucoup plu de créer, j’explore Photoshop et ma créativité un peu plus profondément maintenant pour pouvoir m’en servir dans le futur. 

14) As-tu fait d’autres supports graphiques ? Si oui, dans quel(s) but(s) ?

Au niveau du marketing, ma co-autrice s’occupe de poster, de communiquer. Pour ma part, je suis plus réservée, j’ai un peu plus de mal à oser, alors je m’occupe de tous les visuels pour les réseaux sociaux. 

15) Un conseil graphique pour les auteurs qui vont te lire ? 🙂

Le graphisme ne s’improvise pas, mais ce n’est pas non plus inaccessible, surtout avec des outils assez simples d’accès comme Canva. En revanche, si on ne se sent pas inclus à 100 % dans la création de la couverture, il vaut mieux la faire faire par un professionnel. Malgré ce que l’on dit, la couverture et la passion sont des points très importants dans la vente du livre. En revanche, si la motivation est là, avec un peu d’entrainement, ça peut se faire. Si la créativité vous fuit, puisez votre inspiration dans les couvertures de genre similaires, observez les images, le texte, les effets produits.

Analyse et avis d’une graphiste

Couverture de "De l'espoir pour Noël" de Manon Viet et Emma Dos Santos
Couverture de « De l’espoir pour Noël » de Manon Viet et Emma Dos Santos

Ne tergiversons pas, c’est une bonne couverture ! Et je vous dis pourquoi tout de suite :

  • Respect du genre et photographie : en un coup d’œil on constate le genre littéraire : romance de Noël. Le sucre d’orge, le sapin en fond, les couleurs douces et lumineuses, la main féminine qui symbolise les héroïnes. On sait ce que l’on va lire.
    Alors certes comme le disait Manon plus haut, elles se sont écartées des tendances du genre (qui sont grandement tournés vers l’illustration vectorielle) mais c’est une direction contrôlée, pensée et ça se voit.
  • Polices de caractère : Là aussi, c’est réussi. Usage d’une police manuscrite qui rappelle la romance et les sentiments complété par une police droite sans serif mais qui reste ronde et douce. Elle permet à la fois de soutenir le genre tout en dévoilant des informations importantes de seconde lecture (après le titre).
  • Couleurs : je m’arrête surtout sur la couleur de vos blocs textes. J’aime votre choix d’un rouge un peu plus sombre que celui du sucre d’orge. Cela permet une bonne lisibilité du texte, soutient l’ambiance chromatique du roman et du genre mais tout en restant dans la gamme couleur de l’image. Bien équilibré et efficace !
  • Si je dois chipoter : j’ai remarqué deux petits détails. Le premier est surtout un point de vigilance : le halo autour des lettres. Pour ma part, je ne l’aurait pas mis pour éviter d’additionner les effets sur le texte (comme on a déjà l’effet satin/ombré intérieur qui fonctionne très bien). Ce type d’effet peut aussi faire démodé d’ici quelques années s’il est trop forcé (comme les dégradés par exemple). Mais ici, c’est léger et ça correspond à l’ambiance lumineuse et je crois comprendre que vous l’avez mis pour équilibrer le côté sombre du texte et le faire plus ressortir par rapport au fond, ce qui marche ! 🙂
    Le deuxième point est quasi invisible mais il peut affecter certaines compositions graphiques : l’équilibre des marges et le centrage du texte. Dans la couverture de  » De l’espoir pour Noël « , il y a plus de marge à droite des noms des autrices et plus de marge à gauche du bloc titre. Comme on est dans une composition verticale, cela crée un léger déséquilibre visuel.

Retrouvez Manon Viet

Instagram : ici
« De l’espoir pour Noël » sur Amazon : ici

Et vous, que pensez-vous de la couverture de Manon ? 👇👇👇

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